BIG PHARMA VEILLE SUR NOUS

Publié le par le citron vert des alpes




Les députés s’apprêtent à voter une loi qui autorisera les entreprises pharmaceutiques à relancer les patients à leur domicile.

Les députés vont examiner un texte d’apparence technique, qui contient pourtant une disposition très inquiétante.

Ce projet de loi d’adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament a pour objet de transposer la directive européenne n°2004/27/CE, qui permet notamment d’accélérer la mise sur le marché des médicaments génériques. Mais le gouvernement a cru bon d’y inclure, à l’article 29, quelques lignes qui ont fait bondir les spécialistes de la santé publique.

Ce t article autorise en effet le gouvernement à prendre des ordonnances (c’est le cas de le dire...) dans le domaine du médicament, c’est-à-dire sans passer par le Parlement. Pourquoi pas, s’il s’agit de dispositions purement techniques ?

Mais lors de l’examen du texte en commission des affaires sociales, le député socialiste de Loire-Atlantique Claude Evin (ancien ministre de la Santé) et la communiste Jacqueline Fraysse (cardiologue, ex-maire de Nanterre, Haut s-de-Seine) ont découvert que le gouvernement prévoyait d’utiliser ces ordonnances pour autoriser une pratique réclamée par les laboratoires pharmaceutiques : "l’accompagnement" des patients par les fabricants de médicame nts. Ils vont donc batailler contre cette disposition lors de l’examen en séance.

Si la loi est votée, les labos pourront relancer les patients par téléphone et envoyer des infirmiers à domicile... pour leur rappeler de bien prendre leurs pilules, matin, midi et soir !

Cette pratique, courante aux Etats-Unis, est jugée très dangereuse par Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue Prescrire, la seule revue médicale indépendante des laboratoires pharmaceutiques.

L’UFC-Que Choisir s’indigne également , dans un communiqué publié le 9 janvier :"De toute évidence, le gouvernement cède au vieux rêve de l’industrie pharmaceutique qui, depuis longtemps, tente d’entrer en communication directe avec les patients, en supprimant le filtre du médecin, d’abord de manière privée par les campagnes à domicile puis, à terme, par le biais de campagnes publicitaires massives sur des médicaments soumis à prescription."



http://www.agoravox.fr/mot.php3?id_mot=23

http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierNMObservanceFr.php



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