MANGER MOINS DE VIANDE ET PLUS DE PAIN

Publié le par le citron vert des alpes

images-copie-1.jpgL'humanité a deux façons de subvenir d'ici à 2050 à ses besoins alimentaires. La première, la plus évidente, est d'accroître sa production alimentaire. La seconde est de diminuer sa consommation. Il existe une marge de réduction évidente dans les pays industrialisés où les individus, qui absorbent une moyenne de 3380 kilocalories par jour, mangent généralement trop. D'où, parmi eux, des problèmes d'obésité. Il y en a une autre, plus grande encore, partout où les produits d'élevage occupent une place importante dans l'alimentation.

Les animaux consomment davantage de calories qu'ils n'en produisent. Ce qui signifie que les calories animales (viande et lait) exigent plus de terres, d'eau et d'intrants que les calories d'origine végétale (céréales et légumineuses). Beaucoup plus: le rapport est de quatre pour un dans le cas du poulet et du porc, de onze pour un dans celui du mouton et du bœuf. Pour donner un exemple plus précis, un kilo de blé requiert en moyenne 1100 litres d'eau, un kilo de bœuf 13500. Conséquence: si l'humanité était végétarienne, elle aurait amplement de quoi se nourrir. Sans le souci d'avoir à augmenter sa production.

Mais c'est là une solution extrême. Se rapprocher de la diète des années 1950 serait déjà un progrès substantiel. Les Français consommaient alors chaque année 44 kilos de viande, 10 de poisson et 5 de fromage contre respectivement 85, 25 et 18 aujourd'hui. Et ils compensaient cela en mangeant davantage de pain (121 kilos contre 60) et de pommes de terre (153 contre 65). Un tel mouvement est-il souhaitable? Il appartient aux nutritionnistes de le déterminer. Mais il risque d'apparaître un jour ou l'autre tout bonnement nécessaire.

Trois autres évolutions auraient à l'inverse des conséquences catastrophiques pour l'agriculture mondiale, soutient Bruno Parmentier: l'adoption du lait par les Chinois, la perte d'influence de la religion hindoue dans le domaine alimentaire et les greffes d'organes de porc à l'homme.

La Chine produit à peine plus de lait que la France (29 milliards de litres par an contre 26 milliards) avec une population vingt fois plus nombreuse, explique le directeur du groupe ESA. Si ses habitants, en cours d'enrichissement accéléré, se décident à en consommer davantage, la pression sur l'agriculture mondiale sera énorme. Même problème en Inde, dont la religion dominante a jusqu'ici limité drastiquement l'absorption d'aliments d'origine animale. Et si les hindous, de plus en plus prospères, se laissaient tenter par la viande? Enfin, si les médecins généralisent un jour les greffes d'organes de porc à l'homme, qui sait si notre relation à cet animal ne s'en trouverait pas bouleversée, au point de rendre sa chair taboue? Et de détourner ses mangeurs vers la chair de bœuf, trois fois plus gloutonne en calories végétales?

par Etienne Dubuis


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Domie 17/01/2008 18:11

MANGER DE LA VIANDE DE FACON RAISONABLE

Il y a d'autres raisons qui peuvent pousser à ne pas manger de viande, comme la souffrance animale. Il me semble cependant qu'il n'est pas besoin d'aller dans les extrêmes et devenir végétarien. On peut manger de la viande, mais dans le respect des écosystèmes et en limitant la souffrance animale.

Ca ne me choque pas de mettre au pot une poule ayant eu une vie de poule, à qui on a donné à manger de bons résidus agricoles ou alimentaires et qui vient de la ferme d'à côté.

C'est chacun selon sa sensibilité et son choix.