Vendredi 17 août 2007
images-copie-1.jpg L'humanité a deux façons de subvenir d'ici à 2050 à ses besoins alimentaires. La première, la plus évidente, est d'accroître sa production alimentaire. La seconde est de diminuer sa consommation. Il existe une marge de réduction évidente dans les pays industrialisés où les individus, qui absorbent une moyenne de 3380 kilocalories par jour, mangent généralement trop. D'où, parmi eux, des problèmes d'obésité. Il y en a une autre, plus grande encore, partout où les produits d'élevage occupent une place importante dans l'alimentation.

Les animaux consomment davantage de calories qu'ils n'en produisent. Ce qui signifie que les calories animales (viande et lait) exigent plus de terres, d'eau et d'intrants que les calories d'origine végétale (céréales et légumineuses). Beaucoup plus: le rapport est de quatre pour un dans le cas du poulet et du porc, de onze pour un dans celui du mouton et du bœuf. Pour donner un exemple plus précis, un kilo de blé requiert en moyenne 1100 litres d'eau, un kilo de bœuf 13500. Conséquence: si l'humanité était végétarienne, elle aurait amplement de quoi se nourrir. Sans le souci d'avoir à augmenter sa production.

Mais c'est là une solution extrême. Se rapprocher de la diète des années 1950 serait déjà un progrès substantiel. Les Français consommaient alors chaque année 44 kilos de viande, 10 de poisson et 5 de fromage contre respectivement 85, 25 et 18 aujourd'hui. Et ils compensaient cela en mangeant davantage de pain (121 kilos contre 60) et de pommes de terre (153 contre 65). Un tel mouvement est-il souhaitable? Il appartient aux nutritionnistes de le déterminer. Mais il risque d'apparaître un jour ou l'autre tout bonnement nécessaire.

Trois autres évolutions auraient à l'inverse des conséquences catastrophiques pour l'agriculture mondiale, soutient Bruno Parmentier: l'adoption du lait par les Chinois, la perte d'influence de la religion hindoue dans le domaine alimentaire et les greffes d'organes de porc à l'homme.

La Chine produit à peine plus de lait que la France (29 milliards de litres par an contre 26 milliards) avec une population vingt fois plus nombreuse, explique le directeur du groupe ESA. Si ses habitants, en cours d'enrichissement accéléré, se décident à en consommer davantage, la pression sur l'agriculture mondiale sera énorme. Même problème en Inde, dont la religion dominante a jusqu'ici limité drastiquement l'absorption d'aliments d'origine animale. Et si les hindous, de plus en plus prospères, se laissaient tenter par la viande? Enfin, si les médecins généralisent un jour les greffes d'organes de porc à l'homme, qui sait si notre relation à cet animal ne s'en trouverait pas bouleversée, au point de rendre sa chair taboue? Et de détourner ses mangeurs vers la chair de bœuf, trois fois plus gloutonne en calories végétales?

par Etienne Dubuis


Par le citron vert des alpes - Publié dans : CROCMORT-CROCVIE (vert)
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A PROPOS DE L'AUTEUR

POÈME

Larmes nucléaires

Pour un chagrin d'amour, j'ai versé une larme

Pour la mort d'un ami, pleuré à chaudes larmes

Et pour la fin du monde

Pour la fonte des glaces

Pour la disparition

D'une espèce, d'une race

Pour le recul de la forêt

Et pour l'avancée du désert

L'eau potable qui disparaît

Pour le suicide humaniterre

Je m'effondre et je pleure

Je pleure de toute mon âme

Je pleure de tout mon coeur

Je pleure de toutes mes larmes

Je n'sais plus quand j'ai commencé

Et je n'arrête plus de pleurer

 

 

 

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