LE LOUP SORT DU BOIS

Publié le par le citron vert des alpes

la-revolte-gronde-contre-la-big-pharma-resize-crop320par220.jpgNovartis machine à fabriquer des pilules en forme de dollars sur le dos et parfois  avec  la vie des malades. Si toi pas payer, toi pas soigné. 44 millions de salaire annuel pour son PDG, quelle indécence.

Vive l'économie libérale ou tous est permis.

Au premier semestre 2007, Novartis a vu son bénéfice augmenter de 14% à 4,19 milliards de dollars.

Son chiffre d'affaires est en hausse de 15% à 18,53 milliards.

Blockbuster potentiel
Après deux décès, le Prexige du groupe pharmaceutique bâlois est retiré du marché australien sur ordre de l'autorité sanitaire nationale. Ce médicament est vendu dans plus de 50 pays.

La révolte gronde contre la Big Pharma
Novartis a subi une importante défaite juridique en Inde. Entre-temps, toujours plus de pays osent défier l’industrie en remettant en cause le système du «rafraîchissement perpétuel» des médicaments.

«C’est facile de peindre l’industrie pharmaceutique comme la source de tous les maux.» Daniel Vasella est amer. En rejetant l’action en justice intentée par Novartis, la Haute Cour de la province de Bombay a ouvert une brèche dans le système de l’evergreening, le «rafraîchissement perpétuel» qui consiste à modifier légèrement la composition d’un médicament arrivant en fin de brevet pour prolonger la protection légale d’une vingtaine d’années et éviter qu’il ne soit copié et revendu à moindres coûts. Un grand classique de l’industrie qui agace partout dans le monde, du gouvernement indien à Monsieur Prix helvétique. Dans les pays riches, l’astuce permet d’augmenter année après année les dépenses en médicaments. Dans les pays pauvres, elle empêche la diffusion de médicaments à des prix abordables.

Novartis menace
En janvier 2006, l’Inde avait refusé d’accorder un nouveau brevet à une forme améliorée de l’anticancéreux Glivec, dont la molécule originale était tombée dans le domaine public. La loi indienne prévoit en effet que seule une molécule nouvelle peut être brevetée. C’est le recours contre cette décision que Novartis vient de perdre devant la Haute Cour. Présente à New Delhi, la conseillère fédérale Doris Leuthard a fait savoir que la Suisse ne porterait pas plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais la réaction de Novartis n’a pas tardé. Le groupe a menacé de renoncer à ses investissements de recherche et développement en Inde, notamment une usine dont la construction est prévue à Hyderabad, au profit de la Chine ou de Singapour.

La menace tombe pourtant à plat, tant l’Inde est un eldorado pour l’industrie pharmaceutique mondiale. En accédant à la classe moyenne, des dizaines de millions d’Indiens souffrent des maladies typiques de l’Occident comme les affections cardio-vasculaires ou le diabète. De plus, l’Inde n’est plus la seule à remettre en cause le système des brevets pour les médicaments.

Fronde globalisée
L’an dernier, la Thaïlande a elle aussi pris de court les fabricants en annulant les brevets internationaux pour l’Efavirenz, un médicament contre le sida produit par l’américain Merk, pour le remplacer par une version générique locale meilleur marché. Le gouvernement thaï a fait valoir que les accords de l’OMC autorisaient ce type d’annulation de brevet dans certains cas. Le mois dernier, le Brésil a également estimé que Merk vendait trop cher l’Efavirenz. Ces dernières semaines, les ministres de la Santé en Malaisie et au Kenya ont évoqué à leur tour la possibilité d’annuler des brevets.


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article